Lectures d’août : rattrapages et nouveautés

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Les jours de Sylvain Ouillon (Gallimard)

Raconter l’Histoire par la petite histoire : thème éculé me direz-vous (avec raison). Mais tous ne le font pas avec autant de talent, encore moins dans le cas d’un premier roman. Sylvain Ouillon revient sur ses origines, en racontant l’histoire de ses arrière-arrière-grands-parents creusois et parisiens, des années 1830 aux années 2000. Ce faisant, il relate toute l’histoire de la France, de l’industrialisation massive aux colonies éloignées, en couchant sur papier les bribes de souvenirs transmis de génération en génération. Tel un portrait impressionniste, l’histoire de la France se dessine à travers les destinées de ces familles et individus. Et du coup, chacun se rappelle ses propres souvenirs, réels ou imaginaires, contés par le grand-père dans son gros fauteuil en cuir cognac et la grand-mère en jouant une partie de petits chevaux. L’auteur dissémine aussi ses pensées sur ce temps qui passe et cette brusque accélération du temps qui distord le sens de la vie. Sylvain Ouillon réussit dans son premier roman à réunir le meilleur de Zola et le meilleur de Proust, avec une plume contemporaine dans laquelle chacun peut se reconnaître.

 

King Kong Théorie de Virginie Despentes (Livre de poche)

Des coups de boule, ça peut faire du bien. Surtout ceux de Virginie Despentes. Ce manifeste a été publié en 2006 et pourtant, malheureusement, on dirait qu’il a été écrit l’an passé. En quelques pages, elle revient sur les choix toujours perdants des femmes : qu’elles soient belles, intelligentes, moches, connes, chiantes, salopes et j’en passe. Au regard de sa propre expérience, elle décrit avec une acuité acide l’état de soumission permanent auquel sont renvoyées les femmes lorsqu’elles ne se révoltent pas en assumant leurs propres choix, au risque d’être mises au ban de la société.

Elle raconte le viol la prostitution, la pornographie et leurs paradoxes. Mais elle parle aussi, surtout à la fin de l’ouvrage, de toute la difficulté d’être un homme. De cette charge constante qui leur incombe et qu’ils nous renvoient au visage, dans nos corps, dans ce que nous sommes. Écraser pour exister, souvent sans même s’en rendre compte. Ce discours est certes un peu plus présent en 2019 mais il ne l’était pas en 2006. Révolution féministe-émancipation masculine, même combat? Ce bouquin, largement décrié à sortie, fera(it) encore rouler des yeux bien des hommes que je côtoie. Et pourtant, si ce livre est bien le début d’une amorce de dialogue, dommage pour ceux qui ne le comprennent pas.

 

 

Déterrer les os et Roux clair naturel de Fanie Demeule (Hamac)

Roman ou autofiction? À vous de choisir. À travers ses deux premiers livres, Fanie Demeule explore le territoire de l’obsession : celui de la minceur dans Déterrer les os, celui de la rousseur dans Roux clair naturel. On sent le vécu mais l’autrice réussit à trouver la bonne distance entre ce qui est réel et ne l’est pas. Il manque encore un peu d’épaisseur mais y a quelque chose chez cette autrice qui fait qu’on aura envie de surveiller la sortie de ses prochains livres.

 

Mon ennemie Nelly de Karine Rosso (Hamac)

Après avoir écouté l’entrevue de l’autrice aux ondes de Plus on est de fous, plus on lit (Première chaîne de Radio-Canada), j’ai eu envie de la lire même si je ne suis pas fan de Nelly Arcan, l’autrice à qui le titre fait référence et qui a mis fin à ses jours le 24 septembre 2009. Si j’ai bien compris le livre, l’autrice raconte comment la trajectoire de Nelly Arcan croise la sienne à travers ses obsessions, l’UQAM, des fragments d’entrevues, d’écrits. Je n’ai pas grand-chose à dire de plus car je n’ai tout simplement pas compris le propos. Dommage (pour moi).

 

Agathe de Anne-Cathrine Bomann (La Peuplade)

Annoncé depuis plusieurs mois, je pense que j’avais sans doute de trop grandes attentes par rapport à ce livre (et à cette maison d’édition que j’aime tant) dont je vois la couverture faire irruption sur mes réseaux sociaux depuis plusieurs mois, avec des citations enthousiastes de libraires. L’histoire de ce premier se résume simplement : un psychiatre qui prend sa retraire voit sa conception de la vie basculer avec la dernière patiente, Agathe, qu’il prendra en thérapie. À vous de découvrir le reste. Pour ma part, je n’ai pas été convaincue. Lu.

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