Après Maida de Katharine Dion (Gallmeister) et Épiphanie de Myriam Beaudoin (Leméac)

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Voilà deux livres qui touchent à l’intime de chacun d’entre nous, la mort et la naissance. Deux récits bien différents mais tous les deux très touchants par les petits détails de la vie qu’ils disséminent au fil des pages.

 

Le premier roman de Katharine Dion, une autrice américaine, relate la vie de Gene après le décès subit de Maida, son épouse depuis près de cinquante ans. Cette période douloureuse qui suit le choc de la perte est l’occasion pour lui de revisiter ses souvenirs, la rencontre, l’amour naissant, le mariage, les sorties avec les amis, la naissance de leur fille… Le livre est ponctué de passages délicats mais si bouleversants comme la préparation de l’éloge funèbre de son épouse tant aimée, le retour à la chambre d’hôtel qui a abrité leur nuit de noces ou encore la confrontation des vécus avec sa fille. Gene se terre peu à peu dans la solitude, car en perdant Maida, il perd ses repères et la vie qu’il a toujours connue. C’est un livre émouvant mais jamais sentimental, très pudique aussi, car il dépeint avec grâce ses moments que nous vivrons tous un jour et qui nous marqueront à jamais. La grande qualité de l’écriture et de la traduction font de ce roman un livre qui m’a fait monter les larmes aux yeux à plusieurs reprises car le récit de la perte est avant tout celui des moments heureux du quotidien, ceux-là mêmes qui font le sel de la vie.

 

Dans un autre registre, une confession, celle de Myriam Beaudoin dont j’avais beaucoup aimé le roman Hadassa publié il a une dizaine d’années. Cette confession, c’est celle de la maternité, ou plutôt des tentatives de maternité. Que peut-on ressentir lorsqu’on est une jeune femme en bonne santé, heureuse, qui souhaite seulement donner vie à un petit être humain. Quand la stérilité remplace la fertilité, jusqu’où peut-on aller ? Jusqu’où faut-il aller ? À quel moment doit-on faire le deuil de sa maternité ? D’une plume lucide, Myriam Beaudoin nous emmène dans les dédales de ses tentatives de concevoir un enfant, en faisant appel aux charlatans, aux médecins, en maltraitant son corps, son esprit et son couple. Au terme d’une lutte acharnée avec elle-même, elle se résout à ne pas enfanter et inscrit son nom sur une liste d’adoption. Nouvelle déception, le noir. Mais comme le disait si bien le poète Leonard Cohen dans sa très belle chanson Anthem, “There is a crack in everything, that’s how the light gets in…”. Épiphanie est le deuxième prénom de son premier enfant.

 

★★★★

 

One Comment

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  1. Merci de m’avoir fait découvrir « Après Maida« . Je viens de terminer le livre et je suis encore sous son charme. Quel raffinement dans la description des sentiments et des émotions! De la vraie dentelle. La maturité de la trame narrative est étonnante pour une premier roman. Auteure (autrice?) à suivre.

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