La vie parfaite de Silvia Avallone (Liana Levi)

 

Je suis Silvia Avallone depuis plusieurs années, après avoir lu une critique de son premier roman D’acier publié dans le Courrier international il y a 7 ou 8 ans. J’avais adoré ce roman que j’ai longtemps offert ou prêté. L’histoire de ces deux amies adolescentes dans une ville pauvre et industrielle de l’Italie, bien loin des clichés de la dolce vita. Je me souviens d’un soleil écrasant, lourd et dur, des descriptions grandioses de l’usine (dignes de Zola !) et de cette sensualité que transpirait ces deux filles un peu allumeuses, bien trop jeunes pour comprendre l’effet qu’elles produisaient sur la libido jamais assouvie des hommes jeunes et moins jeunes. J’ai beau ne pas me rappeler l’intrigue du roman, je me rappelle l’ambiance et ce soleil si intense qui s’en dégageait. En refermant le livre, je m’étais dit que je suivrais cette jeune autrice.

 

Lorsqu’elle a publié son deuxième roman, Marina Bellezza, j’ai attendu avec impatience qu’il sorte en livre de poche. Je fus pourtant déçue, je trouvais le roman un peu faible, surtout après la puissance de D’acier. Je n’ai pas cru aux personnages et la trame était peu crédible. C’est souvent un risque avec un deuxième roman, et tout particulièrement lorsque le premier a été porté au pinacle. Lorsque le troisième roman La vie parfaiteest sorti, j’ai longuement hésité et puis je me suis ravisé. J’en ai tellement à lire… Quand je suis tombée dessus à la bibliothèque, je me suis dit que j’allais lui laisser une chance et j’ai bien fait car j’ai accroché !

 

Le livre reprend des thèmes chers à l’autrice : la jeunesse, la pauvreté, le décalage entre plusieurs mondes mais explore aussi celui de la maternité. Celle qui est voulue et celle qui ne l’est pas. Ce roman explore les destins croisés de cinq protagonistes : Adele une jeune fille de 18 ans enceinte de son petit ami Manuel qui a mal tourné, de son meilleur ami, mais aussi de Dora et Fabrizio, un couple de trentenaires qui a tout essayé pour devenir parents. Les trois premiers habitent une triste cité, en banlieue de Bologne et n’ont guère d’espoir d’améliorer leur sort malgré leur intelligence tandis que le couple bourgeois et urbain se délite à mesure que l’enfant tant désiré n’arrive pas.

 

Avec sa plume incandescente, Avallone arrive une fois de plus à s’adresser à notre cœur et notre tête, où se bousculent les questions. « Quel avenir doit-on offrir à un enfant ? L’amour est-il suffisant? Que faire quand le désir d’enfant envahit tout, où l’obsession ronge l’union ? Est-il possible de s’affranchir de sa classe sociale ?» Avec ses mots, justement choisis (et traduits), elle nous fait voir toutes les facettes de ces questions si complexes, tout en distillant subtilement une palette d’émotions… Un roman réussi d’une Italienne qui a tout l’avenir devant elle.

 

★★★★

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