Débâcle de Lize Spit (Actes Sud)

 

Débâcle

Pour l’avoir attendu, je l’ai attendu… Mon libraire Jonathan et mon ami Fabien m’en avaient vanté les louanges de ce roman à la couverture pour le moins dérangeante (une petite fille qui fume une cigarette). Quelle ne fut pas ma joie de le découvrir au détour d’une tablette de la bibliothèque ! Je me suis plongée dans le roman avec avidité… et je ne l’ai pas du tout aimé.

 

Le livre est l’histoire d’une femme, Eva, qui retourne dans son petit village natal en Flandre. Elle semble poursuivre de sombres desseins en transportant dans sa voiture un énorme cube de glace en se rendant à la célébration de l’anniversaire de la mort du frère de l’un de ses deux amis d’enfance, Pim et Laurens. Ces « trois mousquetaires » ont le même âge et sont inséparables pendant l’enfance. À l’adolescence, leurs relations évoluent, notamment lorsqu’une jeune fille fait son apparition. Eva découvre l’amitié entre filles. L’été de leurs 16 ans, les garçons décident de faire un jeu : ils dressent la liste des jeunes filles du coin et les convoquent à tour de rôle. Toutes sont soumises à une énigme, imaginée par Eva et connue d’elle seule. À chaque mauvaise réponse, les filles doivent enlever un vêtement ou pire. Le jeu se poursuit pendant l’été, jusqu’au moment où la jeune fille s’en mêle. S’ensuivra une tragédie qui marquera la jeune Eva pour la vie.

 

Lize Spit, jeune autrice de 31 ans, a un talent incontestable et a mérité la salve de prix reçus. Malgré tout, je n’ai pu m’empêcher d’avoir hâte de terminer l’ouvrage. J’ai trouvé la première moitié du roman interminable. Sans doute car ayant grandi à Lille, je n’ai aucune peine à imaginer les paysages du village qu’elle décrit, d’une désolation profonde. Ce village en voie d’abandon est un désert culturel, où sont éparpillées quelques maisons en mauvais état où règne l’indigence affective et intellectuelle. D’une écriture chirurgicale, l’écrivaine instaure une atmosphère étouffante, où très progressivement le lecteur devine que quelque chose de grave va survenir. Les dernières pages sont presque insoutenables et j’ai dû sauter plusieurs paragraphes, tant la nausée m’a prise à la gorge. J’ai refermé le livre avec soulagement mais avec un grand sentiment de dégoût qui ne m’avait pas saisie depuis Truismesde Marie Darrieussecq. Digne des faits divers les plus sordides, cette tragédie s’étire sur plus de 450 pages. Un livre lourd, pénible et dérangeant en toutes circonstances.

 

★★

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