Niko de Dimitri Nasrallah (La Peuplade)

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Je ne présente plus la maison La Peuplade, une maison d’édition de Chicoutimi qui publie des ouvrages, de fiction et de poésie principalement, qui s’est imposée dans le paysage littéraire québécois par ses choix audacieux. Ce livre m’a été prêté un soir d’hiver, par une ancienne collègue dont je ne connaissais pas l’amour de la littérature. Comme je la reverrai bientôt, je voulais absolument le lire pour lui rendre et en discuter avec elle. [Soyons honnêtes, qui d’entre nous lit réellement les livres que l’on nous prête ?! On les laisse traîner dans le salon en se disant « plus tard » et on finit par les rendre (ou pas – si je me fie aux dizaines de livres qui doivent sommeiller dans la bibliothèque de mes amis)]

 

Niko, c’est le surnom de Nakhle Karam, un jeune Libanais de neuf ans, né pendant la guerre civile. Après la mort de sa mère, dans une scène qui m’a tirée quelques larmes, le père de Niko décide de fuir le pays pour donner un avenir à son enfant. Ils prendront la mer, échoueront à quelques endroits de la Méditerranée. L’argent file, les ennuis s’accumulent. Antoine se résout alors à contacter sa belle-sœur, qu’il a peu connue et qui est partie faire sa vie au Canada, à l’orée de la guerre civile. L’affaire est conclue : Sami et Yvonne accueilleront Niko chez eux, le temps qu’Antoine parvienne à stabiliser sa situation. Commence alors une nouvelle vie pour Antoine et Niko, où les épreuves seront très nombreuses. Niko perd tous ses repères et refuse de s’adapter à cette aventure qu’il n’a pas choisie. Le garçon grandit mais le vide est grand, trop grand…

 

Le livre retrace la quête des origines et ce qu’elles représentent pour chacun d’entre nous. Est-il possible de s’en défaire ? Peut-on construire ou reconstruire sa vie sans passé ? Les liens familiaux sont-ils indéfectibles ? Voilà quelques-unes des questions abordées dans ce roman empreint d’une grande sensibilité. Les pages se tournent rapidement, les émotions sont bien présentes, tout comme les réflexions qu’elles suscitent chez le lecteur. J’ai un peu moins aimé la fin du livre, que j’ai trouvé moins aboutie et certains personnages, comme celui de l’oncle Sami, auraient pu faire l’objet d’un peu plus d’élaboration. Toutefois, la description du Liban en guerre des années 1980 est saisissante et à certains égards, le livre m’a parfois rappelé le film « La vie est belle » de Roberto Benigni. Dans les deux cas, le père fait tout ce qu’il peut pour amenuiser la douleur du quotidien et protéger son enfant de la souffrance du monde. Ses passages-là sont parmi les plus beaux témoignages de l’amour qu’un parent porte à son enfant. C’est un livre tout en pudeur que nous a livré Dimitri Nasrallah, qui publiera demain, le 28 août (en janvier 2019 en France) Les Bleed, toujours à La Peuplade.

 

★★★★

 

PS: Dimitri Nasrallah était en vedette dans le cahier littéraire du dimanche 27 août 

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