Semaine du 2 au 8 août 2018

Cette semaine, en lisant le cahier Littérature du quotidien Le Monde, j’ai repéré 4 livres à mettre sur ma liste de souhaits. Ne les ayant pas lus, je vous partage directement la courte chronique des critiques :

 

Une famille française. Des Antilles à Dunkerque en passant par l’Algérie, d’Audrey Célestine,Textuel, « Petite encyclopédie critique », 160 p., 15,90 €.

Audrey Célestine enseigne les sciences politiques à l’université de Lille. Pour une native de Dunkerque, à moins de 100 kilomètres de là, le trajet paraît simple. Sauf qu’il ne pouvait l’être moins, comme le montrent les lignes sinueuses d’Une famille française, le livre qu’elle consacre aux siens et à leurs parcours, de la Martinique au nord de la France, de l’Espagne à l’Algérie, de la Tunisie à la Guinée, en passant par Toulon, Marseille, Paris… « Une famille française » ? Toute la question est celle de l’unité dans le zigzag, ou du zigzag comme mode de l’unité d’un peuple à travers l’éclatement des formes de vie, des couleurs de peau et des identités qui le composent. Tous les chemins mènent à Dunkerque, dit en substance Audrey Célestine, toutes les manières d’être français forment la France. Le racisme, constamment présent dans chacune de ces histoires, se résume à un mépris de la réalité intime du pays, dont voici un portrait plus exact et, par là même, fort réjouissant. Florent Georgesco@LeMonde

 

La Bibliothèque noire, de Cyrille Martinez, Buchet-Chastel, « Qui vive », 190 p., 14 €.

Romancier et poète, Cyrille Martinez est aussi un bibliothécaire passionné. De cet amour de l’écriture, de la bibliographie et de la bibliophilie, il fait la matière d’un roman enchanteur. LaBibliothèque noire nous entraîne dans les coulisses – réelles et fantasmées – de la Bibliothèque nationale de France. D’une plume satirique et tendre, l’écrivain brosse le portrait des différents types de lecteurs qui la fréquentent et des agents qui en assurent le fonctionnement. Retraçant par la même occasion l’histoire de la lecture et des bibliothèques, il fait du monde des livres et de leur conservation un espace d’aventures et de mystères digne d’un polar. La victime est ici un historien, figure emblématique de la bibliothèque. Seule explication à sa subite disparition : il aurait été avalé par les livres. Cyrille Martinez mène l’enquête avec malice et un sens certain du suspense. F. By@LeMonde

Et nous ne vieillirons jamais (Gather the Daughters), de Jennie Melamed,traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville, Anne Carrière, 416 p., 22 €.

Impossible de ne pas penser à La Servante écarlate. Et nous ne vieillirons jamais, de Jennie Melamed, emprunte à l’œuvre canonique de Margaret Atwood (1985) son genre, celui de la dystopie féministe. Il se déroule sur une île où se sont installées, des générations plus tôt, dix familles ; depuis, on dit que le reste du monde (« les terres perdues ») est en proie au chaos, tandis que la vie de la communauté est soumise à des règles très strictes, à l’exception de l’été : les enfants quittent alors leurs parents pour vivre dehors ; les adolescentes venant d’avoir leurs règles passent, elles, de maison en maison, d’homme en homme ; à l’issue de cet « été de la fructification », elles devront avoir trouvé un mari, puis faire des enfants ; et, quand ceux-ci deviendront parents, il sera temps de mourir. Un automne, trois filles nubiles se révoltent… C’est un livre aussi addictif qu’étouffant que signe Jennie Melamed avec ce premier roman terriblement noir, à l’écriture surprenante de beauté. Raphaëlle Leyris@LeMonde

Le Coq de Renato Caccioppoli, de Jean-Noël Schifano,Gallimard, 104 p., 10 €.

« Sans peine, je peux improviser quand il s’agit de Naples. J’ai passé ma vie à l’ausculter dans ses coulées de lave et de chair. J’ai passé ma vie à m’émerveiller, embrassé corps et âme, du cap Pausilippe à la Punta Campanella… » Jean-Noël Schifano voue à Naples une passion qui transparaît à chaque page du récit qu’il consacre aux vingt dernières années du grand mathématicien italien Renato Caccioppoli (1904-1959), lui aussi épris de la cité. L’écrivain, traducteur et éditeur évoque les beautés et les défauts de la ville italienne, et retrace son histoire, en se concentrant sur la période du fascisme. Plus particulièrement sur l’année 1938, où Hitler y rencontra Mussolini. Cette année charnière pour les Napolitains (avec l’interdiction, entre autres, du parler local) le fut d’autant plus pour Renato Caccioppoli, ennemi du fascisme, qui tenta d’agir pour faire entendre sa voix avec humour et panache. Entremêlant discours du mathématicien et souvenirs de ses proches, Le Coq de Renato Caccioppoli rend un hommage vibrant aux valeurs de ce résistant, et de cette ville.
Marine Desquand@LeMonde

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