Suite argentine de Laure Bouvier (Éditions Marchand de feuilles)

Suite argentine
Crédits: Éditions Marchand de feuilles

 

Ce livre me faisait de l’œil depuis quelques semaines en librairie. Mes proches savent que je caresse le rêve de partir en Argentine depuis quelques années pour aller découvrir ce pays fascinant et sa capitale, qui a pris le meilleur de l’Europe et de l’Amérique du Sud. Je me berce peut-être d’illusions mais j’ai l’impression que j’y retrouverais cette atmosphère particulière, semblable à celle de Montréal, le froid en moins, les bonnes grillades, le bon vin et le tango en plus… Bref, l’Argentine, ce ne sera pas pour cette année mais qui sait ? L’année prochaine ? Avant de mourir, idéalement.

 

Je me perds dans mes pensées une fois de plus, mais le titre Suite Argentine, je trouvais que ça sonnait bien. Je l’ai pris et reposé plusieurs fois, pas convaincue par la quatrième de couverture (rappelons-nous, une invention d’Edmond Charlot, libraire et éditeur, héros de Nos richesses de Kaouther Adimi !). Et puis, la semaine dernière, avant de me faire mes provisions de bois littéraire montréalais, mon libraire préféré m’a appris que j’avais des tonnes de réduction. Il n’en fallait pas plus pour que je m’adonne à mon sport littéraire préféré, le binge book selecting. Un jour peut-être, quand les libraires indépendants seront les derniers irréductibles Gaulois, nous penserons peut-être à les inscrire au patrimoine de l’humanité et je pourrais me dire, avec émotion, que j’aurais apporté ma modeste contribution à cette forme d’art et de mode de vie.

 

Il est temps de se mettre plus sérieusement à cette chronique, plus ludique que d’habitude. Les vacances me font sans doute du bien. Je résume : Élise Paradis part passer quelques jours en Argentine chez son amie de toujours, Camille, après le décès de son compagnon. Vous allez me dire, un classique retour à la vie un peu cheesy. Mais non en fait, on suit Élise pendant la première moitié du livre nous raconter ses aventures et anecdotes de manière fluide et légère, mais non sirupeuse. Elle nous fait réellement voyager en Argentine, avec les couleurs et les images qui nous poppentdans la tête. On s’attache à ce personnage un peu déboussolé par les aléas de la vie. À son retour à Montréal, elle décide de s’installer à la campagne mais sa mère décède brutalement quelques mois après son retour. Sa mort sera l’occasion d’entreprendre une vaste réflexion sur la mémoire, nos relations familiales, et ce qui constitue notre intimité.

 

Je n’en dis pas plus parce que le livre se lit quasiment d’une traite. Les mots et la fiction s’enchaînent facilement, et le lecteur accompagne Élise sur ses chemins de traverse. À travers sa trame romanesque, Laure Bouvier nous invite à une réflexion sur nos origines, nos liens du sang mais également les gens que nous choisissons de laisser entrer dans notre vie. Les gens qui nous font du bien. Les gens qui nous réparent. Les gens que l’on aime mais à qui on ne le dit pas assez souvent. C’est un beau livre sur la reconstruction de soi après des épreuves et l’émancipation qui peut en découler. Une très belle lecture de vacances en somme, qui laisse un peu de vague à l’âme après avoir reposé le livre, mais surtout beaucoup de douceur.

 

★★★★

 

PS: À lire en écoutant la délicatesse des albums d’Albin de la Simone

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