Le pouvoir de Naomi Alderman (Calmann-Lévy)

Alderman
Crédits: Calmann-Lévy

 

Il y a des livres qu’on attend avec impatience. Lorsque j’en ai entendu parler à la fin de l’année 2017, j’ai harcelé mes libraires pour qu’il le mette de côté dès sa sortie (le 3 janvier en France, début mars au Québec). Lorsqu’il fut disponible, je me suis jetée dessus comme la misère sur le pauvre monde et passé une fin de semaine (la première ensoleillée depuis le début de l’année) à le lire dans mon sofa gris…

Livre encensé par Margaret Atwood (et amie de l’auteure faut-il préciser), je m’attendais à la version 2018 de La Servante écarlate , livre qui m’avait marquée lorsque je l’avais lu en 2015, bien avant la déferlante du mouvement #metoo. Résolument féministe, j’avais peut-être de trop grandes attentes, d’autant plus que Naomi Alderman avait récolté des critiques dithyrambiques et des prix pour ce livre.

L’histoire est assez simple : quatre personnages principaux (trois femmes, Margot, Allie et Roxy, et un homme, Tunde) réunis dans un environnement que l’on devine contemporain au nôtre mais raconté 5000 ans plus tard. Le lecteur est ainsi un archéologue d’un monde désormais disparu. Certaines jeunes femmes découvrent progressivement qu’elles disposent d’un petit organe interne placé près de la clavicule qui leur permet de donner des décharges électriques. La nouvelle se répand rapidement à travers la planète et les femmes se transmettent ce pouvoir (d’où le titre). Pour la première fois de leur histoire, les femmes peuvent se protéger physiquement mais peuvent également faire du mal. Les quatre personnages tireront parti, chacun à leur niveau, de cette information. Margot deviendra chef d’État, Allie papesse d’un mouvement quasi religieux, Roxy une rebelle contestataire de l’ordre établi à la moralité douteuse, Tunde un journaliste témoin des mouvements parfois violents qui émergent de ces nouvelles formes d’organisations féminines (et féministes).

Ça donne envie de le lire, hein ? C’est là que ça se gâte un peu. L’histoire et la forme du récit sont certes originales mais l’exécution laisse à désirer. Des petits dessins émaillent le roman, au fil des chapitres, véritables comptes à rebours de ce qui sera l’Apocalypse.  De nombreuses pointes d’humour se retrouvent dans le livre et incitent le lecteur à réfléchir au pouvoir, ou plutôt aux pouvoirs. À quoi ressemblerait un monde dominé par les femmes ? Certaines pistes sont proposées mais attention, ne croyons pas que tout irait mieux… Les dérives du pouvoir existeraient bel et bien mais ne seraient plus « genrées » telles que nous les vivons aujourd’hui. Malheureusement, difficile de savoir si le livre a été mal écrit ou mal traduit mais reste que malgré un rythme électrisant, la lecture en est parfois désagréable. À tel point que j’ai parfois eu du mal à comprendre comment le livre a pu être si louangé avec ces intrigues qui partent dans tous les sens, peu crédibles et ce style quasi adolescent qui a fini par me taper les nerfs. Je sais que mon sens critique est aiguisé mais je n’ai pu m’empêcher de m’écrier « Quel dommage ! » lorsque je l’ai refermé. Toutefois, en 2018, faisons œuvre utile en mettant ce livre dans certaines mains…

★★★

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