Les querelleurs de France Théorêt (La Peuplade)

LP2018-QUERELLEURS-COVER-180109-F-226x339

Cela faisait quelques semaines que j’attendais la sortie de ce livre, sorti le 28 février. Pour ma part, je ne connaissais pas l’écrivaine et poète France Théorêt, ni son engagement militant féministe. Je ne savais donc pas que les femmes étaient au cœur de toutes ces œuvres, à l’exception de celle-ci puisque le livre ne comporte aucun personnage féminin. Ce qui m’a attirée, c’est l’histoire d’un procès entre un écrivain et un éditeur attisant ma curiosité pour ce nouvel ouvrage édité par La Peuplade. Comble du hasard, je passais justement devant une librairie deux jours après sa sortie… Et comme le hasard fait toujours bien les choses, je me suis arrangée pour me trouver deux heures le samedi pour lire cet ouvrage de 135 pages (NDLR le 3 mars 2018)…

Un ouvrage sur le monde de l’édition

Je résume : Victor Gill, éditeur, est accusé par Claude Lanthier, écrivain célèbre une vingtaine d’années plus tôt, d’avoir publié son chef d’œuvre dans une version entièrement remaniée par l’auteur lui-même, sans avoir donné son consentement final. En homme prévoyant, l’éditeur s’est assuré d’avoir un contrat en bonne et due forme mais l’écrivain n’a jamais répondu aux appels et aux relances de celui-ci, qui ainsi décidé de faire fi et de publier le manuscrit tel qu’il a été déposé par l’écrivain. Lanthier affirme que cette publication a entraîné un préjudice moral l’empêchant d’écrire une ligne, ce qui lui a fait perdre sa femme, ses contrats à la pige et son logement. L’éditeur assure avoir respecté la procédure tout en mettant en doute la sincérité de l’écrivain, qui s’est de nouveau manifesté dix ans plus tard, après une première tentative avortée de procès.

Règle numéro 1: « J’ai raison! »

À travers les personnalités des quatre protagonistes : l’éditeur, l’écrivain, les deux avocats ; le livre aborde plusieurs thèmes comme la représentation de soi et la perception des autres, le poids des certitudes, ou encore le concept de justice et d’œuvre littéraire. Dans un style que j’ai trouvé un peu convenu, l’auteure illustre qu’il est facile de croire au bien-fondé de ses valeurs et de ses actes, sans égard à ceux d’autrui. La petitesse des hommes n’a d’égale que la grandeur de la justice. Les tribunaux sont d’ailleurs remplis de gens incapables de s’écouter, ce que démontrera le jugement, porté en appel. On retient du livre une critique acerbe de la glorification de soi et de ses propres opinions, savamment entretenues par la société actuelle. Elle nous dépeint des hommes bouffis d’arrogance et de mépris pour tout point de vue divergent, convaincus d’être dans leur bon droit. Elle nous présente des hommes que l’on voit encore, en 2018, noyauter les postes décisionnels mais dont le monopole est désormais remis en question, des hommes qui crient à l’injustice car ils doivent apprendre à partager le pouvoir (on ne parle pas ici de de le céder). À cet égard, le livre suscite des réflexions intéressantes sur le pouvoir, mais plus largement la capacité entrer en relation avec autrui.

Toutefois, je n’ai pu m’empêcher d’éprouver un peu d’ennui à la lecture. Cela découle peut-être des personnages un peu caricaturaux. Je suis restée sur ma faim, regrettant le fait que les arguments mis de l’avant par les avocats auraient pu faire l’objet de développements intéressants. Au demeurant, l’originalité de l’histoire mérite d’être soulignée car il est rare de lire des romans tirés du monde littéraire…

★★★

 

PS : Pour en savoir davantage sur France Théorêt, découvrez le portrait que La Presse lui a consacré le 18 mars et écoutez-la lors de son passage à l’émission Plus on est de fous, plus on lit. J

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :