Quand se laisser emporter par l’inconnu devient un acte de résistance

Je suis tombée sur cet article (« Pourquoi nous avons encore besoin des libraires à l’heure d’internet« ) de Paul Vacca un peu par hasard hier. Le titre m’a bien sûr interpellée puisque ce blogue se veut être le prolongement du merveilleux travail des libraires (et bibliothécaires dans une certaine mesure) : celui de faire découvrir des livres, des auteurs, des films, des penseurs, des chercheurs qui nous amènent à sortir de notre zone de confort, à se confronter à l’inconnu et à réfléchir. On peut ne pas être d’accord avec les propos tenus. Cela m’arrive régulièrement mais au moins, le débat est lancé.

Je l’ai donc aimé cet article qui nous rappelle qu’il existe trois formes de savoir humain, celui qu’on connaît (événements, dates, etc.), celui qu’on sait qu’on ne connaît pas et celui dont on ne soupçonne même pas l’existence. La culture, c’est un ça en fait. Elle nous met en relation avec des choses que nous ne connaissons pas. C’est un premier contact.

L’auteur rappelle à juste titre qu’il est facile d’aller sur Internet, sur une plateforme numérique qui est la version moderne du marché romain (le forum) ou médiéval (les halles). On va chercher un titre et la nouvelle forme de magie, les algorithmes, va nous faire d’autres suggestions. On appelle cela la personnalisation des médias, qui engendre de façon pernicieuse, une pensée unique propre à chacun, le tout à des fins mercantiles dont les profits sont astucieusement cachés à divers endroits de la planète.

On peut aussi se lancer en résistance, oui le mot est fort mais je l’assume, et aller dans une librairie. On aura la certitude de parler à un être humain (nous sommes des êtres profondément sociaux, ne l’oublions pas) et de créer un lien durable. Aller dans une librairie de quartier, c’est aussi faire partie d’une communauté, renforcer le tissu social en encourageant le commerce local et en favorisant des emplois et des retombées économiques directes et indirectes (si vous allez lire votre nouvelle acquisition dans le café d’à côté) tout en ayant la garantie que les impôts sont payés dans le pays de résidence.

Mais le plus important, c’est qu’en allant dans une librairie, vous prenez un risque. Celui de faire des découvertes. Vous vous y rendez en ayant une idée de livre en tête (ou non!) et vous en sortez la plupart du temps avec autre chose. C’est précisément cela qui contribue à la richesse d’une société : la diversité des débats. Lire un livre, c’est partir à la conquête du monde, sans attendre des heures interminables dans les aéroports à des prix faramineux. Cela fait des moins belles photos sur Instagram, je vous le concède, et moins de « j’aime » sur Facebook, mais pendant quelques heures, vous êtes hors de l’espace temps. Vous êtes dans le livre, confronté aux autres, mais aussi à vous même, à vos propres réactions de joie, de colère ou de tristesse, en lisant les mots écrits par d’autres. Les mots sont des cadeaux.

En se rendant dans une librairie (indépendante), on se fait un fabuleux cadeau: celui de l’ouverture. C’est le premier pas pour rendre notre monde un peu meilleur.

 

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