Ma mère avait raison d’Alexandre Jardin (Grasset)

mamereavaitraison

Un témoignage d’amour

Je vous ai parlé de l’entrevue d’Alexandre Jardin au micro de Marie-Louise Arsenault sur les ondes de Radio-Canada. Celle-ci avait tant piqué ma curiosité que j’avais acheté le livre le soir-même. J’ai donc pris le temps de le lire et en voici la chronique.

Disons d’emblée que ce livre ne relate pas la vie de Stéphane Sauvage-Jardin dite Fanou. Alexandre Jardin s’attache plutôt à livrer un vivant témoignage d’amour à sa mère dont il redoute la mort prochaine. Au fil des pages, il la remercie pour les enseignements qu’elle lui a prodigués de par ses actions. Toutefois, dans l’entrevue, il précise bien que la fiction l’emporte parfois dans ses écrits alors il est difficile de démêler le vrai du faux dans cet ouvrage.

 

Une vie romanesque

Le livre est structuré en de très courts chapitres de 2 à 4 pages, ponctués de souvenirs, de gratitude, de questions parfois. Cette femme, véritable ode à la vie,  s’impose et prend toute la place dans la vie des hommes qui la côtoient.  Il n’est question d’aucune autre femme dans ce livre, aux brèves exceptions des mère et grand-mère de Fanou ainsi que d’une amie littéralement marquée par elle. Il est beaucoup question d’hommes en revanche. Fanou assumait pleinement ses relations polyamoureuses, où les mari et amants vivaient en conjugalité quasi harmonieuse. Alexandre Jardin raconte que Fanou n’avait qu’une exigence envers eux : donner le meilleur d’eux-mêmes, en tout temps. Pas de place pour la sensiblerie : l’exigence est un moteur pour se dépasser. Lui-même eut à trouver les ressources pour survivre à la mort de son père lorsqu’elle l’envoya en Irlande, ou encore réécrire un livre complet après que le premier manuscrit fut jeté au feu sans ménagement.

Cette femme, absolument libre, a fait de cette devise son moteur : « Aie le courage d’aimer ». Cela ne voulait pas dire nécessairement de se lancer  dans d’intrépides aventures mais bien d’aller jusqu’au bout de nos amours, de nos passions, de nos peines, de nos peurs. Prendre le risque de vivre et affronter la peur.

 

Vivre ?

Je ne veux pas raconter les différentes anecdotes qui découlent de cette façon d’aborder la vie car il n’y aurait plus d’intérêt à lire le livre. Toutefois, ce mode de vie, radical, n’est clairement pas fait pour tout le monde. Je ne veux pas non rentrer dans les considérations morales car celles-ci sont justement propres à chacun mais plusieurs questions subsistent en terminant le livre. Serais-je prête à faire de tels choix ? Est-ce que je passe à côté de ma vie ? Et si…

La (seule) force du livre réside justement dans le fait de reconsidérer sa propre vie et de la vivre enfin au présent et non au conditionnel. Il est vrai que la société dans laquelle nous vivons s’attelle à diminuer le risque, dans toutes les sphères de nos vies, dominées par la peur. Par la voix de Fanou, ce livre est un vibrant plaidoyer pour la vie dans ce qu’elle est : une succession de moments, très souvent imparfaits, mais qui nous font rire, sourire, pleurer, crier mais surtout aimer…

★★★

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