Le cœur de Berlin d’Élie Maure (Allusifs)

ÉlieMaure

Le premier roman d’Élie Maure est un livre puissant et fort mais il faut accepter de descendre dans les tréfonds de l’âme humaine… Disons-le d’emblée, c’est un livre sur l’inceste, où les révélations sordides côtoieront l’abject à la fin du livre.

Tout commence avec la mort du père. Réunis autour du lit d’hôpital, les trois frères sont à la cafétéria tandis que la sœur accompagne le père dans les derniers souffles. Rapidement, il est entendu que la relation avec la mère est difficile, puis Béatrice, la sœur, disparaît de la vie de famille. La vie suit son cours jusqu’à ce que le chien du narrateur, Berlin, décède d’une longue agonie. Ses souffrances sont abrégées par une piqûre dans le cœur, qui sera le point de départ d’une profonde remise en question du monde qui entoure le narrateur, Simon. Celui s’interroge alors sur l’absence de sa sœur, son incapacité à tisser des liens avec ses frères, ses compagnes. Les bribes de souvenirs de son enfance ne correspondent pas aux sentiments qui l’habitent depuis et Simon vit en décalage de sa propre vie. Il va alors partir à la quête de sa sœur, posant des questions à ses frères puis il se met à recevoir des lettres de Béatrice qui révèleront le lourd secret familial dont il n’avait pas conscience. Il confrontera alors ses frères, sa mère et lui-même, dans une ultime tentative de construire sa vie.

C’est un livre empreint de sensibilité et de délicatesse, bien construit, avec un certain souffle qui ne faiblit pas. Il eût peut-être été souhaitable que les lettres arrivent plus rapidement dans le livre, cela aurait permis au narrateur de creuser davantage le personnage de la mère, et la relation que celle-ci entretenait avec le père mais aussi chacun de ses enfants. Les quarante dernières pages (sur 235) vont trop vite et sont un peu à contre-sens du rythme du livre, notamment en ce qui concerne l’adolescence et les tentatives de thérapie de Béatrice. De plus, l’inceste est l’ultime tabou et dans le contexte actuel de dénonciations d’agressions sexuelles, j’en ai parfois eu assez de lire car c’était tout simplement trop.

En conclusion, un beau livre sur ce qui constitue une famille, une fratrie, leur impact sur la construction de son identité et de sa vie et le poids des non-dits.

 

★★★

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