Une vie neuve d’Alexandre McCabe (La Peuplade)

Une vie neuve

Intriguée par une critique du Devoir le comparant à Balzac, j’étais intriguée par ce roman sorti au mois de septembre. Je suis même allée le voir au lancement de plusieurs livres de La Peuplade, une maison d’édition que j’aime beaucoup pour son audace, mais son temps de parole étant très limité, je n’ai pas eu le temps de me faire une première impression. Je suis toujours intriguée alors dans ce temps-là, il faut juste plonger dans le livre.

Celui-ci débute au sommet d’une tour à bureaux, dans un cabinet d’avocats luxueux de la Place Ville-Marie à Montréal, alors qu’en bas de cette même tour, les étudiants manifestent pour le gel des frais de scolarité. Philippe Leduc, un avocat un peu cynique et désabusé regarde tout cela avec arrogance jusqu’à ce que sa belle-fille, une jeune femme carriériste et opportuniste qui utilise le parti politique au pouvoir pour gravir les échelons professionnels. Je n’ai aucune difficulté à saisir l’étoffe de ces deux personnages puisque je pourrais presque mettre un nom dessus après en avoir côtoyé plusieurs au cours des dernières années. Je me dis que le livre va être fort intéressant si l’auteur pousse plus loin sa réflexion et son ironie… Mais non, le chapitre se clôt… sur rien. Le deuxième retrace un épisode de la vie de Benoît, un sexagénaire (j’ai pensé qu’il avait 35 ans jusqu’au dernier chapitre) qui se lance sur les chemins de Compostelle pour oublier un amour contrarié. On décèle les traits des chroniqueurs culturels un peu blasés du Devoir ou Radio-Canada mais la lecture est drôle, agréable et touchante. Là encore, le chapitre se termine avec un goût d’inachevé. Le troisième chapitre est consacré au témoignage d’un vieux aigri de la Révolution tranquille, Jean, épris d’idéaux nationalistes, qui est convaincu que les Québécois ont manqué la marche de l’Histoire. Là encore, on peut reconnaître quelques personnes bien vivantes derrière ce personnage mais l’auteur ne fait rien avec tout ce matériau. Le dernier chapitre aborde Marie, la sœur des trois personnages, une fratrie décousue sans lien, du moins rien n’est expliqué dans le romain. En fait, on voit Marie à travers les yeux d’un autre, ce qui a peu d’intérêt puisque les trois chapitres précédents donnaient leurs points de vue subjectifs.

Fort du succès de son premier roman Chez la Reine en 2014, Ce jeune auteur était fort attendu. Je n’ai pas lu ce livre ; je ne peux donc pas en parler mais je n’ai pas compris où allait Une vie neuve. Est-ce un portrait de la société québécoise contemporaine à travers le portrait des trois frères ? Si tel est l’effet recherché, c’est manqué car rien ne peut aboutir sans architecture, sans fil conducteur, sans souffle. Les personnes manquent de profondeur, de nuances, de contexte. L’auteur cite parfois des personnages réels, d’autres sont clairement inspirés de personnages actuels mais dont le nom est changé. Son livre se veut-il satirique ? Je n’ai toujours pas compris la référence à Balzac de la part des critiques littéraires, fort bonnes au passage. Au demeurant, le livre est agréable à lire mais je n’ai jamais compris la proposition de l’auteur. Dommage.

(2/5)

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