NO HOME de Yaa Gyasi (Calmann Lévy)

No Home

J’ai lu une critique de ce livre au début de l’année je crois, dans La Presse + du dimanche, ma préférée de la semaine puisque quelques pages sont consacrées à la littérature cette journée-là. En lisant les quelques lignes, je m’étais dit que l’ouvrage avait l’air prometteur. Un sentiment comme ça…

En arpentant les rayons de ma librairie fétiche pendant l’une de mes pauses déjeuner, je le vois ! Un livre neuf au Québec coûte fort cher mais des fois, on sent, on sait qu’on ne sera pas déçu(e)…

Quelques semaines ont passé et j’ai eu plus de temps pour lire… Me voilà plongée dans cette fresque historique passionnante, entre l’Afrique et l’Amérique…

Tout d’abord, j’ai trouvé l’idée de l’auteure fort originale. Celle de raconter une saga familiale sur 14 générations, chaque chapitre étant consacré à l’un des descendants, alternant des épisodes entre le Nigéria et les États-Unis.

Le livre commence avec Effia et Esi. Effia, une vraie beauté promise au chef fanti Abeeku, est finalement mariée à James Collins, l’un colonisateurs britanniques de l’ancienne Côte de l’or et l’un des responsables de l’envoi des esclaves aux États-Unis dans les années 1760… Lorsque son père meurt, elle apprend qu’elle est la fille de la maîtresse de son père, née le soir d’un puissant incendie, et maudite par sa lignée. Au même moment, Esi une jeune ashantie est enfermée dans un cachot, en attendant d’être envoyée aux États-Unis.

Au fil des pages, on découvre l’histoire de ces deux lignées, selon le point de vue de chaque descendant. La petite histoire raconte la grande histoire. Celle de l’esclavage dans les plantations du Sud des États-Unis, de la discrimination systémique qui en a découlé. Du côté du Nigéria, on suit les tensions et les alliances entre fantis et ashantis, le poids de la tradition et des croyances. Le temps se déroule.

Chaque chapitre pourrait se lire indépendamment puisque l’on est témoin de la vie de chaque personnage, qui ne voit pas la grande histoire dans sa petite histoire. Sans raconter la fin, les deux lignées se retrouvent, conciliant passé, présent et avenir.

Pour ma part, j’ai adoré ce livre pour son originalité, son ambition, ses histoires humaines, toujours touchantes, et son style magnifique (très belle traduction d’Anne Damour). Avec son titre et au fil des pages, ce livre a le mérite de nous rappeler (car nous l’oublions souvent) que nous appartenons tous à quelque chose et que chaque personne a le besoin fondamental de connaître ses racines pour grandir et s’émanciper, des racines et des ailes comme le dit si justement la Bible. J’ai été séduite par le grand talent dégagé par cette jeune auteure nigériane, qui suit les traces de l’immense Chimamamnda Ngzo Adichie, à qui je consacrerais quelques chroniques très prochainement. Un grand moment de lecture dans mon année.

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