Géopolitique du moustique d’Érik Orsenna (Fayard)

Après le coton, le papier, l’eau… c’est au tour des moustiques de passer sous la loupe de l’académicien le plus curieux ! Les moustiques et moi, on se connaît… pour mon plus grand malheur. J’étais surprise d’apprendre que seules les femelles piquent pour nourrir les œufs en devenir de bons nutriments. Je me serais bien passée d’être un si bon garde-manger!

Pour son quatrième ouvrage sur la mondialisation, M. Orsenna nous fait faire le tour du monde ! À Paris, Montpellier, au Cambodge, au Panama, en Ouganda, au Sénégal, en Guyane. Il nous fait découvrir, avec beaucoup de bonhomie et de simplicité, la vie des moustiques mais aussi des entomologistes, virologues et autres confrères issus de la science qui travaillent sur ce passionnant sujet. Bien malgré eux, les moustiques sont de redoutables vecteurs de maladies toutes plus effroyables les unes que les autres. Saviez-vous que le paludisme est responsable de plus de 750 000 morts par année ? Mais il y aussi la fièvre jaune, la dengue, le chikungunya, le virus Zika, la rage, et autres réjouissances toutes transmises par les moustiques. Si ces maladies tuent, c’est avant tout dû à la pauvreté qui entoure le manque de médicaments, de soins ou d’équipements. En raison du réchauffement climatique, ces maladies progressent vers les des contrées plus nordiques … c’est pourquoi on en parle davantage si l’on se fie aux couvertures médiatiques consacrées à Zika ou Ebola. L’ouvrage se conclut sur les moyens de lutter contre cette nuisance endémique. Bonne nouvelle : les quatre types de répulsifs existants fonctionnent ! La mauvaise : il est impossible de les exterminer… On a bien essayé avec le DDT, qui marche plutôt bien mais cause des dommages environnementaux importants qui ont amené la communauté internationale à l’interdire. Certes des nouvelles techniques fonctionnent mais coûtent cher. De plus, certains flirtent avec l’idée de jouer avec le génie génétique (mieux connu sous le nom de la vie) avec les conséquences imprévisibles qui pourraient en découler (notamment sur la chaîne alimentaire) … Ce moustique, tout comme les autres insectes, s’est imposé grâce à ses capacités d’adaptation phénoménale et sa sexualité débridée ! Avec des talents de conteur évidents et sa joie sans cesse renouvelée pour la connaissance, Orsenna nous donne l’occasion de découvrir le monde fascinant des insectes et de ceux qui les étudient depuis maintenant quelques siècles et à qui l’on doit beaucoup.

On referme la dernière page en se demandant quel sera le prochain objet d’étude consacré à la mondialisation…

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