Avoir un corps de Béatrice Giraud (Stock)

Je me rappelle avoir acheté ce livre il y a 3 ans et demi sur Amazon France et me l’être fait livrer. Je me rappelle avoir regardé longuement sa couverture bleue, fascinée par ce bleu sombre profond et dont la police Times New Roman se détache d’un bleu plus délavé. Et puis, je l’ai déposé dans la bibliothèque, me promettant de le lire bientôt. Je l’ai régulièrement tiré de son repos et remis, un peu désarçonnée par anticipation. Dimanche 3 septembre, juste avant d’aller au yoga, je le reprends, une fois de plus et je le lis.

Je découvre exactement ce que j’avais imaginé. Une succession de paragraphes sur les sensations du corps tout au long de la vie. Le corps d’une femme précisément car avoir un corps féminin détermine bien des choses, encore de nos jours : la posture, l’interdiction de certains mouvements, une certaine fragilité aussi. Nous ne connaîtrons jamais le nom de la narratrice et d’ailleurs, il importe peu. L’histoire de son corps dévoile toutefois son histoire de vie, son éducation, sa maternité. À lire ces lignes l’on constate à quel point le corps et la tête sont liés ; les joies que celui-ci peut procurer lorsqu’on fait du sport ou vit des émotions fortes, mais aussi à quel point il peut se crisper et vieillir sous le poids du chagrin, ou du temps qui passe. Ce corps, c’est l’histoire de la vie, dans ce qu’elle a de plus simple et de plus élémentaire. On ne le choisit pas mais on vit grâce à lui ; on doit apprendre à l’accepter, à s’en servir, à en prendre soin. Au fil des pages, des réminiscences de souvenirs s’impriment en nous car les descriptions de ces fragments de vie, on les a vécus aussi. L’histoire individuelle se fait universelle puis époque. On referme ce livre et l’envie nous saisit d’aller marcher et de sentir pleinement son corps, en l’appréciant et en de disant que c’est peut-être la dernière fois ; alors on veut en profiter tout simplement comme on se dit qu’on tâchera de capter tous ces petits et grands moments de la vie, avec notre corps qui vibre comme une caisse de résonance. Alors qu’en fait, la beauté d’avoir un corps, c’est justement de s’en servir pour vivre, sans y penser, tout simplement.

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